Le passeport professionnel

Le passeport professionnel recense l'ensemble des situations professionnelles, réelles ou simulées, rencontrées par le candidat au cours de sa formation. Il décrit les situations professionnelles, les compétences mobilisées et les productions associées en reprenant la structure, en pôles et modules d’activités, du référentiel des activités professionnelles et du référentiel de certification.

Le passeport est donc, pour le candidat, un outil de traçabilité de ses expériences, de ses compétences, de ses connaissances. Les professeurs, ou les formateurs, assurent le suivi de la capitalisation de ces expériences, évaluent les compétences acquises et utilisent le passeport à des fins pédagogiques, les situations professionnelles rencontrées étant destinées à être réinvesties au cours de la formation.

Le passeport professionnel est renseigné par le candidat, qui repère et saisit les situations qu’il rencontre en milieu professionnel ou en établissement de formation. Chaque situation saisie est mise en relation avec l’un des quatre pôles d’activités.

Ces situations sont ensuite réinvesties en formation pour permettre le processus d’acquisition des compétences. Les professeurs ou formateurs en charge des différents pôles et/ou des ateliers rédactionnels accompagnent ainsi les élèves dans leur analyse réflexive et dans les apprentissages (connaissances générales et professionnelles, techniques, etc.) générés par les situations. En aidant les élèves à tisser un lien entre les situations qu’ils rencontrent au lycée et en PFMP, les professeurs contribuent à installer une alternance pédagogique source d’apprentissages. De plus,  en complétant tout au long de la formation la partie du passeport réservée à l’évaluation formative des compétences, les professeurs nourrissent ensuite l’évaluation certificative dans le cadre du CCF.

Un modèle de passeport professionnel et les conditions de mise à disposition seront précisés dans la circulaire d'organisation.

Sommaire

Outre l’intérêt qu’il présente pour la recherche d’emploi, le passeport professionnel possède la double finalité de formation et de certification car :

  • il se construit, dans la plupart des cas[1], de manière progressive au cours de la formation  et permet aux élèves ou apprentis, aux responsables de la formation (professeurs, formateurs) et éventuellement aux autres acteurs de la formation (chefs de travaux, tuteurs, maître d'apprentissage, etc.) de faire le point en cours de formation sur l’acquisition durable de compétences résultant d'expériences professionnelles vécues ou simulées. Le passeport est donc un outil de pilotage partagé des parcours de formation en permettant d’apprécier conjointement, à tout moment, le portefeuille des compétences professionnelles acquises ou à acquérir, notamment via les périodes de formation en milieu professionnel ;
  • le passeport professionnel constitue le support privilégié des sous-épreuves professionnelles E31, E32, E33 correspondant respectivement aux pôles d’activités 1, 3 et 4 du référentiel. Il n’est cependant pas support de l’épreuve E2, correspondant au pôle 2 qui prend la forme d’une étude de cas écrite ponctuelle[2].

IMPORTANT : le passeport est un outil de formation (suivi en continu des compétences, évaluation formative, pilotage des parcours de  professionnalisation). Il est aussi support d’épreuve dont la forme ne doit en aucun cas être évaluée, tant ce sont bien les contenus qui doivent guider l’évaluation certificative.

La mise en œuvre des compétences doit être rattachée à une situation de travail, soit rencontrée dans le cadre de la formation en milieu professionnel, soit proposée par le professeur ou formateur dans le cadre de la formation en établissement.

La situation professionnelle, ainsi référencée, traduit la mobilisation de connaissances, de savoirs, d’expériences passées, de ressources à disposition (matérielles, logicielles, etc.), d’aides possibles, etc. Ces ressources diversifiées sont enrichies en permanence au cours de la formation (cours, ateliers rédactionnels, PFMP, travaux en petit groupe, simulations, etc.).

De ce point de vue, une compétence peut être déclarée acquise lorsque l’explicitation et la conceptualisation de la situation sont suffisantes pour permettre au candidat de la généraliser à d'autres situations de travail de même nature et donc qu’il soit capable d’affronter la variabilité des situations professionnelles, en traitant différents éléments créant de la complexité ou des aléas. Cela nécessite que le candidat puisse, à partir du passeport, et par une analyse réflexive, montrer son niveau d’appropriation de la situation et justifier ses choix. C’est ainsi que peut être considéré ici comme compétent celui qui peut expliquer pourquoi il a fait ainsi et pourquoi il ne s’y est pas pris autrement.

Le passeport professionnel se présente sous la forme d’un « portefeuille de situations professionnelles » à renseigner, qui pourra être fourni par une application téléchargeable (CERISE Pro). Toute autre modalité numérique que CERISE est envisageable à condition :

  • qu’elle respecte le cadre de la circulaire nationale d’organisation ;
  • que les situations puissent être saisies là où se trouve l’élève ;
  • que plusieurs intervenants puissent y avoir accès en direct (pour suivre, pour construire des séquences, pour piloter les parcours…) ;
  • qu’elle permette une évaluation formative et certificative « encastrant » le BEP dans le Bac pro.

Pour chaque situation professionnelle, le passeport :

  • met en relation les situations avec les modules, les pôles et les compétences acquises ;
  • décrit  les composantes et les éléments de contexte ;
  • précise les productions résultant de l’activité personnelle du candidat.

Le passeport professionnel privilégie une entrée par les situations de travail ancrées dans une réalité professionnelle évolutive et complexe et qui relèvent du niveau IV de certification. En effet, le candidat renseigne son passeport tout au long de sa formation à partir de situations de travail qu’il a rencontrées et qu’il décrit de façon synthétique. Il ne retient que les situations de travail significatives vécues en formation, en PFMP ou résultant d’une expérience professionnelle acquise en dehors de la formation (par exemple, un travail d’été, un « job » de week-end, une responsabilité associative, etc.). Il construit donc son passeport professionnel aux moments opportuns qui jalonnent son parcours de formation.

Chaque intervenant en formation (enseignant, formateur, tuteur, maître d’apprentissage) peut prendre appui sur les situations référencées par l’élève ou l’apprenti pour servir les objectifs de formation et permettre à celui-ci de développer sa professionnalité.



[1] Sachant que le passeport professionnel peut également être librement constitué, à partir d’expériences professionnelles passées, par un candidat n’ayant pas suivi de formation spécifique.

[2] Même si, en formation, les situations professionnelles du pôle 2 ont toute leur place dans le passeport professionnel.